Musicien allemand, très présent sur la scène française (entre autres auprès de Médéric Collignon et de Michel Portal) plus que dans son pays natal, Frank Woesteest venu s’installer à Paris en1997 pour étudier au CNSM, section jazz. Pianiste, spécialiste du Fender Rhodes dont il tire de beaux effets (parfois avec trop d’insistance), mais aussi compositeur et arrangeur recherché, on imagine aisément qu’il aimerait qu’on lui offre, un jour, la possibilité d’écrire une œuvre pour un orchestre symphonique. Il pourrait alors se laisser alleraux entrelacs de nappes sonores sur des envolées de cordes qu’il affectionne tant. Pas d’étonnement donc à voir que dans son album Pocket Rhapsody, le jazzman Frank Woestefasse une incursion vers une formation de musique de chambre.

Moving Light, ne serait-ce déjà que par son titre, signe dès la seconde plage l’esprit de l’album et   des titres commeThe Star Gazer ou Pocket Rhapsody sonnent à l’égal de petites symphonies en plusieurs mouvements, avec des superpositions de plans sonores et des changements abrupts de styles.  On passe sans coup férir d’un exercice d’allure classique avec piano et cordes à l’électricité saturée de la guitare de Ben Monder.  Pour illustrer, on pourrait se laisser aller à suivre la métaphore d’un petit torrent dont les eaux vives, parfois étales sous le soleil,  en un instant se déchaînent entourbillons entre les rochers. Bel exemple de cette manière de composer :    Nouakchott et Nouakchott : intro. Un premier mouvement avec des cordes lancinantes sur une sorte de suspension du temps s’efface au profit d’une esquisse du piano en duo avec la trompette pour dire un orient fantasmé, puis une danse endiablée avec battement des pieds et les stridences de la guitare s’interposent avant que la plage se termine sur un chant de foule et jeu de percussions locales enregistrés sur un marché mauritanien.

 

Frank Woeste est aux keyboards (piano, Fender Rhodes, orgue et bass synth), Ben monder à la guitare, Justin Brown aux drums, avec en invités sur quelques plages, Ibrahim Maalouf ( Moving Light ; Nouakchott), Youn Sun Nah ( The Star Gazer), Sarah Nemtanu au violon ( elle n’est pas premier violon en orchestre symphonique pour rien) et Grégoire Korniluk au violoncelle.  Les interventions d’Ibrahim Maalouf et de Youn Sun Nah valent essentiellement pour les timbres et les couleurs très décoratives qu’ils donnent.

Philippe Lesage

Frank WOESTE, Pocket Rhapsody, Act Records, 2016  

Notre Tapage avec Jérôme Sabbagh, où l'on retrouve Ben Monder à la guitare:

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