Bill Laurance est connu pour être le pianiste du collectif Snarky Puppy depuis les tout débuts mais sa carrière solo le place actuellement parmi les artistes les plus prometteurs d'une certaine scène du jazz contemporain. Après les remarqués Flint et Swift, le musicien prolixe (un album par an) présente Aftersun. Il y poursuit ses explorations sonores et affirme davantage son style. Ce style unique, qui innove sans cesse et transcende allègrement les genres : jazz, pop, électro, classique… Sa musique évoque une profusion d’images, avec un penchant pour les ambiances lumineuses. Aftersun reste dans la même veine et dessine des figures encore plus abstraites, parées parfois d’un côté futuriste.

Comme sur ses deux précédents albums, Bill Laurance a gardé le même noyau dur : les excellents Robert Sput Searight à la batterie et Michael League à la basse (faut-il encore rappeler qu’ils sont aussi membres de Snarky Puppy ?). Et au passage, ces derniers ont également apporté leur touche aux arrangements et à la production. Même équipe donc, mais avec un son qui évolue, notamment à travers une instrumentation plus restreinte : cuivres et cordes ont été abandonnés pour se recentrer sur une combinaison claviers, basse, batterie et percussions. Orchestrées par le flamboyant Weedie Braimah, ces percussions instillent des sonorités africaines que l’on retrouve aussi à travers les rythmiques. En atteste le superbe « Time To Run », irrésistible invitation à danser.

Même s’il sonne résolument novateur, Aftersun porte néanmoins la signature typique de Bill Laurance. « The Pines », inspiré par les forêts de pins autour du Cap Ferret, en est une belle démonstration. C’est sans doute le morceau qui penche le plus vers le "jazz". Il y a aussi ces affinités avec une pop, très dansante (voire de la dance) comme sur « First Light », couronné par un très beau solo de Michael League à la basse électrique. On retrouve aussi un piano qui transpire d’émotion et de sincérité («Golden Hour »). Le magnifique « Madeleine », quant à lui, est un peu dans la même lignée que « Flint » sur son premier album et laisse imaginer une très belle histoire.

Cet album replonge donc parfaitement dans l’univers du pianiste mais apporte aussi son lot de nouveautés. C’est avec plaisir qu’on écoute Aftersun qu’il qualifie « d’ode à l’exploration de l’espace et à la vie dans le cosmos ».1 Une description qui peut paraître ésotérique certes mais, on le promet, c’est de la très bonne musique !

Fara Rakotoarisoa

Bill Laurance, Aftersun, Universal/GroundUp Music, 2016

 

 

1traduction libre de « a paean to space exploration and life in the cosmos »

Member Login
Welcome, (First Name)!

Forgot? Show
Log In
Enter Member Area
My Profile Not a member? Sign up. Log Out