Let’s Get Lost : c’est la nouvelle invitation de Cyrille Aimée avec son deuxième album pour le label Mack Avenue. Etablie à Brooklyn depuis plusieurs années, la chanteuse a petit à petit gagné ses galons de l’autre côté de l’Atlantique. Dans ce disque, elle a conjugué les différentes facettes de son identité : la France et l’Amérique s’y rencontrent sur fond de jazz classique et influences du monde. Il évoque l’émerveillement de l’amour, la solitude, l’éloignement, le tout en trois langues.

L’album débute par un éloge du célibat : « Live alone and like it ». Clin d’œil ironique à la norme de la vie en couple, ce morceau est signé par le célèbre compositeur de comédies musicales Stephen Sondheim. La chanteuse reprend aussi le standard « There’s a Lull in My Life », soutenue par une guitare folk et en fait une véritable parenthèse enchantée. Le lumineux « Lazy Afternoon » invite, quant à lui, à la contemplation. Il rappelle un peu ces après-midis où l’on flâne avec légèreté et où on se laisse émerveiller par la nature.

 

Dans « Mon Samois à moi », Cyrille Aimée fait une déclaration d’amour poignante à la ville où elle a grandi. La chanson est suivie par « Nine More Minutes » qui recrée l’atmosphère du métro new-yorkais avec un poème qu’il faut imaginer conté par un garçon à une petite fille. Ces deux morceaux font le parallèle entre les deux univers qui ont influencé la chanteuse : la ville de son enfance et celle où elle vit maintenant. Autre inspiration revendiquée : la République dominicaine qui est mise à l’honneur avec « Estrellitas Duendes ». Chantée en espagnol, cette chanson est un classique du répertoire dominicain et rend hommage à sa mère. Côté instrumentation, l’album fait la part belle aux guitares, notamment manouches. sur lesquelles s’illustrent Adrien Moignard et Michael Valeanu. Le morceau « Three Little Words », joué à une vitesse vertigineuse témoigne de leur virtuosité. Les cordes aussi sont à la fête sur « Laverne Walk » où la chanteuse scatte avec une grande aisance, accompagnée par une contrebasse.

Sur Let’s Get Lost Cyrille Aimée livre une interprétation juste et très convaincante d’une palette d’histoires, de sentiments, d’atmosphères. Elle parcourt ainsi différents répertoires avec la grâce et la fraîcheur qu’on lui connaît et qui sont devenus sa marque de fabrique. L’ensemble reste malgré tout très cohérent grâce à une production efficace et a le mérite d’être très accessible (dans le bon sens du terme). Le genre d’albums qui pourrait séduire un public à qui on n’aurait pas dit au préalable que c’est du jazz. Mais c’en est quand même, et c’est du bon !

Fara Rakotoarisoa

Cyrille Aimée, Let's Get Lost, Mack Avenue Records, 2016

 

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