On serait presque passés à côté, la faute à un automne trop chargé en sortie de disques. Norah Jones revient au jazz ! Pour la peine, elle s’est entourée de Wayne Shorter, Brian Blade ou Lonnie Smith. Rien que ça. On imagine tout un tas de chanteuses jalouses et de musiciens rageurs devant le gaspillage artistique de telles gâchettes. Parce qu’il y a de quoi. Norah se tire du côté de la country pour texans et quand elle revient, c’est avec les meilleurs. La raison tient en deux mots :  Blue Note. C’était la moindre des choses que de lui mettre des sidemen de cette envergure. Ils lui devaient cette politesse après ses 25 millions d’exemplaires de Come Away With Me vendus. Une réussite qui lui vaut le statut de mécène à elle toute seule. Vous ne joueriez pas au mariage de la personne qui a permis à vos disques d’exister ? Wayne et Brian si. Norah tente de définitivement sceller son union au jazz, lui refait des clins d’œil. Elle avait compris que le succès ne suffisait pas à le faire succomber.

Elle revient avec les grands moyens, mais la lumière n’est pas mise sur ses meilleurs atouts - ses musiciens - qui n’existent véritablement que sur « Burn » et « Fleurette africaine », la première et la dernière piste de l’album, soit les plus rugueuses. Jusqu’au dernier moment, on a cru que c’était foutu. Et puis ils ont sorti le grand jeu, l’atout, le joker : Duke Ellington. Bon, « Carry on » est pas mal dans son genre, elle rappelle sa grande époque, celle de Come Away with me ou des amours malheureux du My Blueberry Nights de Wong Kar Wai. Tout un monde. Celui de Norah, qui nous avait eu par surprise en 2003. L’effet étant passé depuis un bail, il faut persister pour se laisser séduire par Day Breaks et trouver quelques moments marquants. Le salut vient cependant de l’immense talent des musiciens convoqués - quoique bridé  -  à la fin de « Day Breaks », dans « Sleeping wild » ou « Peace », deux titres touchants de l’album. Par leur talent, ils apportent une consistance de caractère insoupçonnée dans un album de Norah Jones. Sinon, Trump vient d’être élu président des États-Unis et l’on se questionne sur la justesse du titre « It’s a Wonderful Time for Love ». Si elle avait su…


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