Echoes Of Swing, A Tribute to Bix Beiderbecke (Act)

Back to the Basics avec la relecture des cires gravées par le cornettiste Bix Biederbecke en 1927 par le quartet Echoes Of Swing : la nostalgie dure longtemps comme disait Simone. La bonne idée de ce double album est de mettre en miroir la reprise particulièrement réussie des compositions historiques avec les enregistrements originaux de Bix Biederbecke avec sa propre formation Bix & His Gang ou au sein du Franck Trumbauer Orchestra.

Commençons par celui auquel l’album rend hommage. La vie de Bix fut un tel roman noir- il décède à l’âge de 28 ans en 1931 d’une pneumonie due aux ravages de l’alcoolisme -  qu’elle devint emblématique de la vie des jazzmen et qu’elle fut contée, en 1938, par Dorothy Baker dans « The Young Man With A Horn » et dans un film éponyme de Michael Curtiz. Blanc possédé par le jazz dès l’âge de quinze ans, Bix s’était offert un cornet d’occasion et avait développé une technique de doigtés non orthodoxes qui devint la règle.  Avec ses belles idées mélodiques et harmoniques, son ouverture à l’impressionnisme d’un Debussy ( «  In The Mist », sa composition inoubliablequ’il interprète au piano), son raffinement, ses fêlures mélancoliques, il annonce le jazz West Coast sans déroger à l’esthétique dansante du jazz de l’époque. Mon conseil : ne dédaignez pas de le réécouter, il faut toujours revenir gouter les grands crus.

Pour qui est amateur du jazz des années 1920/ 1930, l’œuvre de  Bix est une référence et il est normal que le quartet Echoes Of Swing aille faire une virée sur ses terres. Echoes Of Swing, c’est le pianiste et directeur musical Bernd Lhotzky, Chris Hopkins (sax alto), Colin T Dawson (cornet et trompette) et Oliver Mewes, un quartet  fondé en 1977 en Allemagne. Pour cet enregistrement, il invite Shannon Barnett (trombone et vocal), Mulo Francel (guitare et sax), Peter York  batterie, percussions et vocal), Henning Galling (contrebasse) et, sur la plage «  Jazz Me Blues » , notre compatriote Emile Parisien au sax alto. En dépit du melting pot de nationalités (allemands, français, anglais, américains),  on ne peut que relever la cohésion de la formation cimentée sur un répertoire tout entier dévolu au swing. Plus attaché à l’esprit qu’à la lettre, les arrangements savent ne pas rompre le charme historique initial. Les quelques compositions originales s’inscrivent «  in the tradition ».

Particulièrement réussie, l’Intro « Ol’ Man River » au corneten solo est l’hommage incontournable à Bix alors que  l’alacrité de « At The Jazz Band Ball « fait toujours son petit effet.  Dans  « I’m coming Virginia »,  Shannon Barnett nous séduit tant par son jeu au trombone que par son chant. «  Thou Swell », le thème fameux de Richard Rogers et de Lorenz Hart, semble se mouler dans un arrangement qui pourrait être signé par Gerry Mulligan. «  I’ll Be A Friend With Pleasure » épouse des accentsbossa nova avant que Singin ‘ The Blues » - le premier grand succès public de Bixdonné ici dans l’arrangementdu cornettiste Colin T Dawson - nous chavire par sa simplicité lumineuse.


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