Le dernier album d’Eric Le Lann, son quinzième, s’intitule Life On Mars, titre emprunté à une chanson de l’album Hunky Dory, de 1971, de David Bowie. C’était avant le décès du chanteur mais au moment où devait paraître son dernier opus. Actualités, quand tu nous tiens !

Dans le disque d’Eric Le Lann, ce n’est pas cette composition qui interpelle mais «  Every time, we say goodbye », une ballade où mon cœur de midinette se fissure - petit conseil en passant : il faut impérativement se délecter de la version donnée par Ray Charles et Betty Carter. Les pièces sont disparates, du blues (clin d’œil à Armstrong) à deux valses (dont la « Danse Profane » de Debussy) à la chanson pop stellaire de Bowie mais l’approche musicale globale est cohérente, bien en congruence avec les travaux antérieurs du trompettiste. Les compositions personnelles de Le Lann se glissent dans le répertoire comme dans un costume fait sur-mesurequi ne serait pas froissé et dont les plis du pantalon tomberaient parfaitement. Elles coulent comme une rivière paisible, sans remous, peut-être parfois trop parfaitement pour exciter pleinement.

S’il n’y a, en vérité, peu de neuf dans cette production, on ne peut que céder une fois encore à l’intelligence du phrasé et à la signature inimitable du son. On sait qu’Eric Le Lann a toujours su s’entourer de jeunes musiciens suffisamment doués pour éveiller sa créativité. En choisissant Paul Lay (piano), Sylvain Romano (contrebasse) et Donald Kontomanou (batterie), il a encore fait une bonne pioche. La formation est si soudée qu’on a l’impression qu’elle sillonne les routes des festivals et des salles depuis des lustres. L’album paraît sur un nouveau label : Moods Recordings à qui on souhaite bon vent.

Philippe Lesage

Eric Le Lann, Life on Mars, Moods Recordings, 2015

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