Une étape de plus derrière nous. Dans mon top, dans mon coeur et mes souvenirs, Jazz à Vannes. Cette petite ville de l’ouest français organise son festival depuis 35 ans… Alors je ne sais pas pour les 34 éditions précédentes, mais celle-ci avait presque tout pour plaire. La mignonnette du centre-ville historique a immédiatement séduit le touriste néophyte que je suis. La programmation, elle, me rendait impatient depuis un bon mois : Joachim Kuhn en trio + Archie Shepp ; Joshua Redman ; John Scofield ; René Urtreger et Chick Corea et Stanley Clarke en trois soirs à peine… Qui dit mieux ?

DSC04854

Deux têtes d’affiches par soir sur la scène du jardin Limur. Surtout des américains. Ces choix en irritent un certain nombre. Où sont les français dans ces festivals subventionnés qui ne redistribuent pas l’argent public dans la scène jazz de son propre pays ? À cela je dirais que Vannes, contrairement à d’autres, a le mérite de ne pas céder à la tentation du plus grand nombre, celle qui pousse les programmateurs à sortir des sentiers pourtant déjà bien élargis du jazz. De jeunes musiciens locaux, eux, n’ont pas hésité une seule seconde. Ils étaient ravis, enchantés même, de voir tous ces géants débarquer chez eux. Et on les comprend.

Chick Corea et Stanley Clarke, ont du arracher quelques larmes aux 1700 spectateurs vu la leçon de sensibilité (Chick) et de virtuosité (Stanley) qu’ils ont prodigué… Une atmosphère d’intimité régnait sur scène. Stanley Clarke a dédié un solo du feu de dieu à sa femme, Chick a proposé de faire une pause pour que les gens agglutinés sur les marches de l’estrade puissent souffler, ils ont fait chanter le public… C’était le concert marquant de la semaine.

DSC04905

Et pour compléter ça, le off se répand à travers ville, dans les cafés-bars, sur les places ou dans la rue. S’y produisent des groupes locaux ou les élèves-stagiaires qui valsent de boeufs en boeufs toute la semaine durant. On est peut-être loin d’un Marciac où le off prend une ampleur considérable, mais c’est suffisant pour au moins faire savoir aux gens qu’un festival a lieu, et les attirer aux concerts chaque soirs…

Comme à chaque festival, nous avons vagabondé dans la ville et de scènes en scènes, la caméra au poing, prêts à en découdre à coups de plaisanteries avec les passants magnanimes. On en tire quelques sourires et des rencontres imprévues. Pas mal pour le documentaire. À Vannes on a vanté les mérites de la marinière, fêté mon anniversaire et manger avec René Urtreger. C’est vers lui que se tourneront nos doux souvenirs de Vannes. Un grand pianiste qui nous a accueilli à sa table pour une longue discussion sincère et passionnée. Et rebelotte le lendemain pour une interview de 40 minutes avec son trio. Ses coups de gueules, on a envie de les défendre. D’ailleurs comment ne pas s’énerver sur le « grand Manoukian » quand il affirme que le Be Bop c’est pour les caves… Merci René !

Un autre nous a soutenu dans notre démarche, c’est le pianiste Joachim Kühn que nous avons eu l’honneur d’interviewer. Bref, on a récolté de belles images pour le documentaire… ah et on a eu le droit à notre premier « runner »… Beaucoup d’émotion.

Merci Jazz à Vannes ! 

Florent Servia

Member Login
Welcome, (First Name)!

Forgot? Show
Log In
Enter Member Area
My Profile Not a member? Sign up. Log Out