Didier Lockwood, le jazz français en deuil

Actualités - par Philippe Lesage - 20 février 2018

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Si la disparition à l’âge de 62 ans du violoniste et compositeur Didier Lockwood, le 18 février dernier, a fait la Une des grands quotidiens nationaux, c’est qu’il était indubitablement un nom de la scène musicale française, à l’égal d’un Michel Petrucciani, dans l’esprit du grand public.

Comment expliquer l’aura de ce musicien à la discographie pléthorique et à l’éclectisme esthétique pourtant peu révéré par le monde de la critique musicale ? Est-ce son engagement de pédagogue, sa virtuosité, son lyrisme incandescent, son ouverture musicale sans œillères ?

Ancré dans son époque, il aimait ouvrir le champ des possibles et est passé sans se figer par la free music, le jazz rock, le jazz fusion avant de tracer sa propre voie. D’abord influencé par Jean –Luc Ponty, Il intègre en 1974 la formation Magma et y restera trois années avant de faire la connaissance de Stéphane Grappelli qui sera son mentor et à qui il dédiera plusieurs hommages dont For Stéphane en 2008. Il a croisé le fer avec Henri Texier, Daniel Humair, Aldo Romano, Martial Solal et bien d’autres pointures ; il a fondé DL Group avec Jean-Marie Ecay et Paco Séry et en 1984 un trio de grande qualité avec les guitaristes Philip Catherine et Christian Escoudé. Le spectacle Le Jazz et la Diva, avec Caroline Casadesus, en 2006, restera gravé dans les mémoires. De sa plume, on relèvera aussi des compositions de facture classique, un opéra jazz sur un livret de Georges Perec.

Récemment, Il avait fait paraître Apesentar chez Frémeaux  & Associés, un vagabondage électro-acoustique avec André Charlier, Benoît Sourisse et Philippe Balatier et la participation de sa dernière compagne, la cantatrice Patricia Petitbon. Son dernier opus, lancé en janvier de cette année aura été Open Doors (Okeh / Sony Music) avec André Ceccarelli, Antonio Farao et Darryl Hall !


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