The Souljazz Orchestra, du hip hop au zouglou

Actualités - par Yannis Kablan - 5 septembre 2017

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En 15 ans d’existence, ponctués par des tournées grisantes de groove à travers le globe, le collectif d’Ottawa s’est forgé une cohésion sans faille, état d’esprit que résume bien leur saxophoniste Ray Murray : « Souljazz, pour nous, c’est plus qu’un simple groupe, c’est un mode de vie. ». Présentation de Under the Burning Skies, leur 8ème album, avant sa sortie, le 22 septembre.


C’est avec Pierre Chrétien, leader du groupe, compositeur passionné de musiques africaines et des caraïbes (« après une formation en musique classique, il commence par jouer dans un groupe de musique malgache ») et claviériste hors pair, que nous nous sommes entretenus, pour une escale sous forme d’une interview effectuée par le truchement d’une conversation skype. Au menu, une présentation de leur 8ème album : Under Burning skies, leurs collaborations, leurs influences et un séjour en Côte d’ivoire (Abidjan) qui a changé leur vies. Le rose de la pochette dénote avec celle des autres projets, mais ne vous y trompez pas, le groupe aime brouiller les pistes et le« titre évoque autant les atmosphères empreintes de chaleur des pays d’Amérique latine et d’Afrique, provenance des musiques qui inspirent le groupe, que des sujets d’actualité problématiques et brûlants, le réchauffement climatique, l’appât du gain dans nos sociétés ». Toujours signé sur le label anglais Strut records, ils portent une nouvelle fois haut la flamme des artistes des origines, constituant la sève de leur musique : Fela Kuti, Mulatu Astatke, Orchestra Baobab, les Maxels (groupe antillais de cadence) tout en réinterprétant ces répertoires de façon moderne et en composant des titres à la production hip hop et zouglou (genre musicale de la cote d’ivoire). Véritable pont entre les différentes générations, cet album ne laissera personne indifférent et surtout pas avachi sur une chaise.

 

Deux collaborations de choix pour cet album. Tout d’abord, le nigérian Mabinuori Idowu, d’africa 70 (groupe de Fela Kuti) ouvre le bal avec un message en spoken words et dénonce les abus de pouvoir et ceux qui marchent avec le système. Le décor une fois planté, la couleur est annoncée, une mélodie dansante et des cuivres tonitruants et chaleureux s’enclenchent pour « un Dog eat Dog » du feu de dieu. Autre invité de marque, Elage Mbaye, auteur-compositeur-interprète originaire de Saint Louis du Sénégal et résidant à Ottawa, avec son interprétation envoutante du titre « Aduna Jarul Naawo », de l’orchestra Baobab. A l’adjectif envoutant on aurait pu ajouter habité car le lendemain de la session d’enregistrement, Elage Mbaye téléphone à Pierre Chrétien et lui « annonce que l’un des piliers de l’orchestre sénégalais, Ndiouga Dieng a rendu l’âme à l’autre bout de la planète, au sénégal, a l’âge de 71 ans ». « Is Yeelyel » est également une reprise, du groupe somalien, Dur Dur Band. Pierre chrétien y réarrange avec brio et modernité les chants pour laisser la place à des cuivres endiablés et voluptueux.

Tel des gardiens de la flamme, comme les indiens de la nouvelle orléans, les membres de souljazz orchestra sont les dignes héritiers qui préservent ces courants musicaux (musique latine et africaine), tout en incorporant sur quelques titres efficaces aux rythmes entêtants des influences Hip Hop. Tandis que « Lufunki », missile dévastateur très bien léché, utilise des séquences rythmiques d’afrikaa bambata, avec le titre « Planet rock ». Les organisateurs du festival Hip Hop, House of PainT, qui se déroule tous les ans à Ottawa ne s’y sont d’ailleurs pas trompés en proposant au collectif d’intervenir en tant que maitre de cérémonie pour donner le tempo aux danseurs Hip Hop s’affrontant lors d’un battlle, interprétant des classiques du rap américain de Eric B and Rakim, DJ shadow, « Organ Donor ».


Dans un autre registre, leur participation au festival l’émoi du jazz en 2016, à Abidjan,  première expérience sur le sol africain, a été enrichissante et magique pour souljazz orchestra. « La musique qui passait à la radio était terrible, les ambiances dans les maquis mémorables, on est passé à la télé nationale, on nous reconnaissait dans la rue. Nous avons en tête de faire une tournée en Afrique de l’ouest à partir de 2018 ». Les percussions de Philippe Lafrenière sur le titre « Holla holla » sont d’ailleurs marquées par l’influence survoltée des titres de zouglou enflammant les maquis ivoiriens. La musique antillaise est également bien représentée sur l’album, car Pierre chrétien met un point d’honneur (ou un point d’orgue, cela dépend) à faire chalouper les foules, c’est dans cet état d’esprit qu’il compose notamment des morceaux (« Oublier Pour Un Jour » et   « Tambour À Deux Peaux ») inspirés des groupes des années 70 comme les Maxels, roi de la musique cadence ou de la musique haïtienne, qu’il affectionne particulièrement.

Oct 12 - Saint-Nazaire, FR - Le VIP ; Oct 13 - Paris, FR - New Morning ; Oct 14 - Brétigny-sur-Orge, FR - Le Rack'am ; Oct 17 - Lyon, FR - Bizarre! ; Oct 18 - Gennevilliers, FR - Le Tamanoir


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