Les lignes directrices de Dayna Stephens

Actualités - par Axel Delabrosse - 24 juillet 2017

Pour son huitième disque, et dans la continuité de son précédent, Dayna Stephens a enregistré avec une fine équipe : Brad Mehldau (piano), Julian Lage (guitare), Larry Grenadier (contrebasse) et Eric Harland (batterie) !

Peu importe quelle partie du jazz contemporain vous appréciez, si vous n'avez pas son nom en tête son souffle y est bien quelquepart. Formé par Wayne Shorter, pris en tournée avec Kenny Barron. Entouré de noms aussi établis qu'attendus : les pianistes Brad Mehldau, Taylor Eigsti ;
Gilad Hekselman, Julian Lage, et Mike Moreno comme pinceurs de cordes virtuoses ; d'indomptables rythmiciens de la trempe d'Eric Harland et Justin Brown qui à l'unisson avec les double bass players Harish Raghavan ou le prometteur Zachary Ostroff offrent des scènes toujours plus vivantes dans l'objectif de Dayna Stephens.

Lead, ou side avec Ambrose Akinmusire, Gretchen Parlato ou Becca Stevens. La liste est interminable, non exhaustive et si les cascades de noms rebutent,  cessez sur le champ la lecture de ce papier, ainsi que n'importe quelle activité liée au jazz et entamez l'échauffement avec un roman de Tolkien. L'annuaire et un who's who imagé sont de mise afin de prendre connaissance de l'ampleur de son travail. Son premier album solo date de 2011, et 7 se sont succédés au rythme d'un par an.
    
Photo de groupe

Cet album « bien plus intimiste » selon lui, reprend le line up de Peace, le précédent, paru en 2014. « Le label (Sunset Records), après les sessions,  jugea qu'il y avait assez de matière pour sortir deux albums ». Or, à ce moment le jazzman est sujet à un traitement particulièrement lourd d'une maladie du rein [Sa santé n'est plus en danger à l'heure actuelle ndr]. Une fois ce danger écarté, c'est un sentiment qu'il éprouve à l'égard du cercle de proches présent pendant cette période difficile. Par ailleurs, le plaisir de jazzer en bonne compagnie, et de pouvoir remodeler les morceaux écrits par ses amis est aussi une satisfaction à bien des égards, c'est aussi vers eux que le sentiment se tourne : les « fellows sound-designers » comme il dénomme Aaron Parks (« In a Garden »), Julian Lage (« Woodside Waltz »), Pat Metheny (« We had a Sister ») et l'excellent-quoique-peu-mediatisé Louis Cole (« Clouds »). Il dit avoir découvert ce dernier il y a un an et avoir été « sidéré par son style et sa sa musicalité, quand j'ai entendu cette piste j'ai voulu l'enregistrer sur mon album » !

Portraits et paysages

Le groupe ne s'est d'ailleurs réuni au complet que pour enregistrer. Brad Mehldau et Eric se sont au studio, Larry et Julian depuisles sessions d'arrangements. Même en temps que soliste, Dayna Stephens donne toujours le minimum d'indications pour profiter au maximum de l'aura de ceux qui l'accompagnent, il explique : « en temps que leader, j'essaie toujours d'avoir un point de vue extérieur sur ce qui se joue, le résultat final doit être la plus vive capture de l'instant ». En frontman discret, il signe une seule piste de son nom: « The Timbre of Gratitude ». La ballade bop cristallise au ténor l'esprit du disque sans lyrisme inutile, mais avec une expressivité légendaire. Les pièces sont une exposition de tableaux, contenant leurs propres ambiances, et significations. « Woodside Waltz », dans les forêts de pins californiennes, « Clouds » au dessus des cumulonimbus, ou encore « Isfahan », du nom de la ville d'Iran qui arracha un thème à Duke Ellington. Autant de photographies merveilleusement cadrées qui composent l'album Gratitude.


A la fois au centre de cercles – humains ou compositionnels - et cadre de l’œuvre, Dayna Stephens représente à lui seul le problème mathématique de la quadrature du cercle. Son influence commence là où son égoïsme s'arrête, sa Gratitude se reçoit et doit se retransmettre au-delà encore de ce disque.


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