Pour cette rentrée, Donald Glover nous a tous surpris. L’acteur, que l’on connaît aussi sous le nom de Childish Gambino en tant que rappeur, endosse la casquette de producteur. Après le succès de son album Kauai, Donald était resté plutôt discret sur son avenir. Celui qu’on a pu voir en guest d’exception dans la deuxième saison de Girls n’était alors plus sûr de rien après son départ de Community, la série qui l’a fait connaître en tant qu’acteur dans le rôle de Troy : « Je ne quitte pas Community pour faire du rapJe veux juste être seul (…) J'ai peur de ne plus jamais rien connaître. J'ai peur de n'avoir jamais rien connu. J'ai peur de regretter ce que je fais. J'ai peur que tout cela n'ait pas la moindre importance ».

Il nous livre aujourd’hui, après une pause bien méritée, la série Atlanta, qui est l’un des meilleurs lancements de la chaine FX depuis trois ans. Pas mal pour quelqu’un qui avait visiblement beaucoup de doutes quand à son talent !

 

Le pitch est simple, mais soulève parfois des questions de société, notamment sur les difficultés de la communauté noire américaine dans la ville d’Atlanta : Donald est Earn, qui galère entre son chômage et sa vie de famille (ses parents ne le laissent même plus rentrer chez eux), et arrive à devenir le manager de son cousin Alfred, alias Paper Boi, un rappeur pourtant peu ambitieux qui devient populaire du jour au lendemain. C’est ce qui fait le fil conducteur de la série, qui passe constamment du destin de looser de Earn et de ses galères à celui d’Alfred, condamné à briller sans tellement le vouloir. 

Même si la série est emprunte d’humour et de situations très risibles, elle reste dans la mélancolie et s’apparente plus à une « dramédie ». Une scène en particulier, que l’on trouve en continu dans l’épisode deux (« Streets on locks ») et qui se passe dans une prison, fait déjà beaucoup parlé de l’impact social que pourrait se donner cette série. Beaucoup de problématiques sont relevés avec une certaine discrétions au début, même avec un certain ton ironique, comme l’attitude de la police face à un homme noir apparemment innocent, où la difficulté d’être transexuel/le en prison. Quand d’un coup, un détenu, visiblement handicapé mentale, que l’on dit à la prison « toutes les semaines », et qui fait mourir de rire les agents de police en buvant l’eau des toilettes, fait un geste de travers et se fait matraquer et plaquer au sol. La scène fait froid dans le dos et passe d’un ton plutôt bon enfant à un violent retour à la réalité. 

 

Avec un format court, qui permet un balancement permanent entre réalisme social et plaisanteries, Donald a tapé juste. Les personnages, tous aussi perdus les uns que les autres, s’accordent à merveille avec la toile de fond de la série : la vie dans la ville d’Atlanta. 

C’est là qu’on peut voir que Donald (ou devrais-je dire Childish)  n’a pas totalement délaissé la musique et que le rap reste dans son champ de visibilité : La BO est exclusivement inspirée des sonorités rap, hip-hop, trap et phonk qui sont caractéristiques à « la grande pêche ». Elle n’est pour l’instant pas disponible en téléchargement mais ne perdons pas espoir ! 


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