Parisien, Emile ; mais ce n'est pas le bon concert.

Parisien, Emile ; mais ce n'est pas le bon concert.

 

Plaisir de voir une salle comble en ce samedi qui précède le lundi de Pentecôte. On savoure d’être au sein d’un public attentif , connaisseur et fidèle à cette salle duTriton qui propose toujours un programme alléchant ouvert aux diverses expériences de la scène du jazz et des musiques nouvelles. Qu’il est bon d’écouter un concert de jazz, un vrai ; qu’il est agréable de se laisser envahir par une musique qui s’assume sans chercher à séduire outre mesure le grand public.

Le contexte : après ses prestations remarquées avec l’accordéoniste Vincent Peirani et la parution d’un nouveau disque en quartet, Emile Parisien rode sur scène les thèmes qu’il va prochainement enregistrer avec le quintet – trans–générationnel comme le précise le programme - qu’il met sur pied en faisant appel au légendaire pianiste allemand Joachim Kühn, au guitariste Manu Codjia - qu’il n’est plus nécessaire de présenter-, au contrebassiste Simon Tailleu ( quelques solos de belle facture) et au jeune batteur portugais Mario Costa dont la musicalité laisse entendre qu’on va le revoir souvent sur les scènes européennes. Les compositions entendues lors de cette prestation sont pour l’essentielde la plume d’Emile Parisien mis à part, de mémoire, Nymphomaniac du pianiste. Propices à l’improvisation collective, elles relèvent d’un matériel mélodique fort où l’auditeur peut reprendre ses marques après les longues mais jamais vainesdivagations improvisées. Les titres ayant été relevé à la volée, on pardonnera une restitution est un peu aléatoire mais on garde en mémoire Le Poulpe, Ballade Ibiza (écrite sur l’ile d’Ibiza où réside Joachim Kühn et où Emile Parisien s’est rendu pour préparer le matériau du prochain disque), Le clown enragé à la fête foraine (compositionjouée il y a déjà quelques années par un précédent quartet d’Emile Parisien).

On partageait le plaisir pris par les musiciens à jouer cette musique véhémente, énergique, actuelle. Les repères sont là, bien marqués : la section rythmique creuse des fondations solides, Joachim Kühn, qui offre sa facette non romantique, restel’homme aux doigts d’acier et à la virtuosité époustouflante mais jamais ostentatoire. Quant à Emile Parisien, il est un show à lui tout seul avecsa posture et ses gestes incongrus comme s’il était nerveusement azimuté ; mais quelle tension et quelle vitalité il impulse !

Bref, on attend le prochain disque avec impatience, parution qui devrait aussi permettre de les revoir tous sur scène. Promis, on sera là.

Philippe Lesage

Emile Parisien (sax), Joachim Kühn ( p), Manu Codjia ( guitare), Simon Tailleu ( b), Mario Costa ( batterie)